971

Olivier SERVA · Député de la Guadeloupe

Quatre mois de forte mobilisation
sur des problématiques clés

Newsletter — mai · juin · juillet · août 2026

13 interventions en commission et en séance · 6 questions écrites · 5 amendements déposés + 158 cosignés · 1 proposition de loi cosignée

Chiffres issus de ma fiche officielle à l’Assemblée nationale.

Édition de rattrapage : cette lettre revient en une fois sur quatre mois d’activités, de mai à août. Les prochaines seront mensuelles et plus courtes.

Le temps fort — Chlordécone : la responsabilité de l’État enfin reconnue

Le 2 juin, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la proposition de loi du député Élie CALIFER reconnaissant la responsabilité de l’État dans le scandale du chlordécone et ouvrant l’indemnisation des victimes. Ce jour-là, j’ai appelé solennellement notre hémicycle à voter ce texte, et je mesure ce que représente cette adoption après deux ans et demi de navette parlementaire.

Pendant quatorze ans, l’État a ignoré les avertissements de l’OMS sur le chlordécone, préférant les intérêts des lobbies agricoles à la santé des populations. Le résultat est devant nous : 90 % des habitants de Guadeloupe et de Martinique sont contaminés, nos sols sont durablement pollués, et nous détenons le triste record mondial du cancer de la prostate.

Cette loi ne réparera pas tout, et je resterai vigilant sur son application : les mécanismes d’indemnisation devront être à la hauteur du préjudice, et les 130 millions d’euros annoncés pour la stratégie chlordécone d’ici 2030 devront servir aussi la recherche et la dépollution. Mais elle marque une étape que nous attendions depuis trop longtemps. Une grande nation ne se grandit pas en détournant le regard : elle se grandit en regardant ses fautes en face.

Mon intervention en vidéo (2 juin)▶ Mon intervention en vidéo (2 juin)

→ L’Assemblée adopte la loi portée par le député CALIFER (ministère des Outre-mer)

À l’Assemblée nationale

Abrogation du Code noir : un verdict que la République se doit à elle-même. Cent soixante-dix-huit ans après l’abolition de l’esclavage, le Code noir — ce texte de 1685 — est toujours formellement en vigueur. C’est inacceptable : des mots comme « bien meuble » ou « marquage au fer » n’ont pas leur place dans notre droit. Avec mon collègue le député Max MATHIASIN, j’ai porté une proposition de loi pour enfin l’abroger. Son adoption en séance, fin mai, est un jour de vote historique pour la mémoire, la justice et la réparation. La République doit tourner cette page.

Voir la vidéo sur Instagram

La pêche guadeloupéenne à bout de souffle : j’ai porté les revendications au ministère. Après le blocage du chenal de Pointe-à-Pitre par les syndicats de pêcheurs, une réunion en préfecture a réuni la direction de la mer, le comité des pêches et les syndicalistes pour examiner les difficultés de la profession. Je m’étais engagé à porter ces sujets directement à la ministre de la Mer, Catherine CHABAUD : c’est fait. Trois points ont été abordés. Sur les VMS (systèmes de surveillance des navires), son cabinet s’engage à échanger directement avec les pêcheurs pour apaiser leurs inquiétudes sur la mise en œuvre du dispositif. Pour ce qui est des sargasses, j’ai fait part de la disponibilité des pêcheurs à s’impliquer dans leur collecte et leur valorisation. Sur l’assainissement, dont les défaillances dégradent la qualité de l’eau et donc la ressource halieutique, un guide de bonnes pratiques a été édité. Le travail continue, et je resterai mobilisé pour assurer le suivi de ces engagements auprès de la profession.

→ La rencontre avec la ministre (Karibinfo, 11 juillet)

→ « Une filière à bout de souffle » (Cap-Infos, 6 août)

Hydrocarbures outre-mer : ne décidez pas à notre place. Le 11 juin, l’Assemblée nationale a examiné la proposition de loi visant à lever dans les territoires d’outre-mer l’interdiction de recherche et d’exploitation des hydrocarbures, portée notamment par mes collègues ultramarins Jean-Victor CASTOR et Davy RIMANE. J’étais en soutien de ce texte. Mon propos n’est pas un plaidoyer pour le pétrole, mais pour notre droit à décider nous-mêmes de notre avenir énergétique, plutôt que de le voir tranché à notre place depuis Paris. L’Assemblée a rejeté le texte le 11 juin (64 voix pour, 74 contre).

→ L’analyse du scrutin du 11 juin (Assemblée nationale)

La filière coco doit rester éligible au POSEI. Le 5 mai, j’ai déposé une question écrite (n°14910) sur l’éviction de la filière coco des filières éligibles au POSEI, le régime européen de soutien aux productions agricoles ultramarines. En excluant la coco, on prive une filière d’avenir des aides dont elle a besoin pour se structurer. Le Gouvernement m’a répondu le 23 juin.

La surcotisation retraite des fonctionnaires ultramarins. J’ai posé le 9 juin une question orale sans débat (n°780) sur ce sujet, qui touche des milliers d’agents guadeloupéens.

Les effectifs des douanes de Guadeloupe. Le 7 juillet, j’ai déposé une question écrite (n°16726) sur les moyens humains de la direction régionale des douanes, en première ligne face aux trafics.

L’eau agricole et les STEP : une solution pour notre souveraineté. Lors de l’examen du projet de loi sur la souveraineté agricole, j’ai alerté la ministre de la Transition écologique, Monique BARBUT, sur l’urgence guadeloupéenne : une ressource inégalement répartie, des réseaux défaillants, jusqu’à 50 % de pertes d’eau. J’ai défendu les STEP (stations de transfert d’énergie par pompage), qui permettent à la fois de stocker l’eau et de produire de l’électricité — une solution concrète pour notre souveraineté agricole comme énergétique. Nous n’avons plus le luxe des intentions.

Mon intervention sur les STEP (vidéo)▶ Mon intervention sur les STEP (vidéo)

Logement social outre-mer : l’argent voté qui n’arrive pas. Le 7 mai, j’ai interpellé le Gouvernement (question n°1515). Le Parlement a voté 236,3 millions d’euros pour le logement social ultramarin, mais 109 millions (45 %) ne sont toujours pas notifiés aux préfets : ce sont 5 000 logements en moins, quand 104 000 ménages attendent. En Guadeloupe, les crédits chutent de 40 % (de 25 à 15 millions), pendant que l’Hexagone obtient 500 millions pour 125 000 logements. Notre amendement pour étendre le prêt à taux zéro (PTZ) outre-mer a même été adopté… puis retiré. La ministre a validé notre raisonnement et nos chiffres, et donné son accord pour rétablir le PTZ : nous y travaillerons.

Urgence logement outre-mer (vidéo)▶ Urgence logement outre-mer (vidéo)

J’ai également porté d’autres textes ce trimestre : une question écrite sur les difficultés d’application du titre emploi service entreprise (TESE) pour nos très petites entreprises (4 août), et, à l’Assemblée, des amendements pour l’égalité d’accès aux soins des ultramarins de l’Hexagone, la pérennisation du statut des praticiens diplômés hors Union européenne (PADHUE, 23 juillet) et la protection de l’enfance — dont un amendement à l’article 7, adopté le 10 juillet.

En Guadeloupe

Congrès des élus sur l’eau, 24 et 25 juin à Basse-Terre. Je suis intervenu sur la première résolution, celle du plan d’urgence quadriennal de résilience hydrique, et j’ai porté des amendements sur les articles 4 à 7. Le rendement du réseau guadeloupéen plafonne à 45 % : plus de la moitié de l’eau produite se perd avant d’arriver au robinet. La Chambre régionale des comptes estime qu’au rythme actuel, il faudrait deux siècles pour renouveler l’ensemble des canalisations. Les résolutions votées prévoient notamment l’alerte des usagers par SMS 24 heures avant les tours d’eau, et l’obligation pour le SMGEAG d’assurer la distribution au-delà de 48 heures de coupure.

→ Ce qu’il faut retenir des résolutions votées (RCI, 25 juin)

Foire de Paris 2026 : nos artisans à l’honneur. En mai, j’ai eu grand plaisir à rencontrer des commerçants et artisans ultramarins qui subliment les produits de nos territoires et en font rayonner la richesse bien au-delà de nos frontières. Ce fut aussi l’occasion d’échanger avec les Guadeloupéens, qu’ils vivent dans l’archipel ou dans l’Hexagone. Une édition placée sous le signe du partage : continuons à faire connaître notre talent au reste du monde.

Voir la vidéo sur Instagram

La prison de Baie-Mahault : un miroir de nos failles. En juin, j’ai visité la maison d’arrêt de Baie-Mahault. La surpopulation y est insoutenable : des cellules conçues pour quelques détenus en accueillent parfois quatre fois plus, des lits posés à même le sol, à proximité immédiate des sanitaires. Il ne s’agit plus d’améliorer les conditions d’incarcération, mais de rétablir la dignité. Comment une société peut-elle se dire garante de principes universels tout en traitant ainsi ses citoyens — avec des détenus visiblement de plus en plus jeunes ? Merci à l’équipe de « C’Pas Si Loin » qui m’a accompagné pour retranscrire cette réalité.

Voir la vidéo sur Instagram

Marie-Galante, compétition de bœufs tirants du 12 juillet. Trois jeunes Marie-Galantais ont organisé leur première compétition à Grand-Bourg, avec quarante-deux attelages mobilisés. Ma collaboratrice Huguette IBALOT a porté mon message et remis la coupe. Saluons aussi le travail de transmission de Jean-Claude JOVIAL, sans lequel cette tradition ne tiendrait pas.

Le Grand Midi Minuit d’EKO ZABYM. Fin août, EKO ZABYM, le mouvement que je préside, a tenu son Grand Midi Minuit : une magnifique journée de partage, de convivialité et de musique. Vous étiez nombreux, beaux et joyeux — votre énergie nous porte. Merci à toutes et à tous, et un immense merci aux FOUMIWOUJ pour leur implication exceptionnelle. Quand on se met ensemble, on est capables de réaliser des miracles.

Retour en images sur le Grand Midi Minuit▶ Retour en images sur le Grand Midi Minuit

Relais inter-entreprises du 27 mai. J’ai eu grand plaisir à participer au Relais inter-entreprises de Guadeloupe. Créé en 1998, il commémore l’abolition de l’esclavage en fédérant les entreprises autour d’une course de relais — solidarité, entraide, mémoire et unité par le sport. J’ai eu une pensée pour Harry NOYER, fondateur du relais disparu l’an dernier. Merci aux camarades et sympathisants d’EKO ZABYM pour leurs encouragements sur le parcours ; et bravo à l’amicale des experts-comptables, 11ᵉ sur 63 équipes.

La vidéo du relais▶ La vidéo du relais

Tournoi de football d’EKO ZABYM. Bravo à la commission jeunesse d’EKO ZABYM pour cette belle organisation, et bravo à tous les joueurs. Le sport, c’est la santé et la convivialité.

Voir la vidéo sur Instagram

Aux Abymes, les équipements publics appartiennent à tous — pas à la majorité municipale. Des jeunes voulaient simplement jouer au football, et EKO ZABYM, le mouvement que je préside, organiser un tournoi sur le terrain de Caraque. La majorité d’Éric JALTON l’a refusé en prétextant que le terrain était occupé — alors qu’il était vide le jour prévu. Au conseil municipal du 16 juillet, avec ma collègue conseillère d’opposition Aurélie BITUFWILA YERBE, j’ai rappelé avec fermeté qu’aucune manœuvre politicienne ne doit entraver l’intérêt général : les équipements municipaux appartiennent à tous les Abymiens, et leur accès doit être garanti avec impartialité et transparence. Les jeunes méritent qu’on leur fasse confiance, pas qu’on les décourage.

Mon intervention au conseil municipal (16 juillet)▶ Mon intervention au conseil municipal (16 juillet)

L'intervention d'Aurélie BITUFWILA YERBE▶ L’intervention d’Aurélie BITUFWILA YERBE

Vidéoprotection aux Abymes : une occasion manquée. Le 28 juillet, une réunion s’est tenue à la cité des métiers du Raizet, en présence du Préfet, sur la carte des projets de vidéoprotection. J’y ai appris avec déception que la ville des Abymes n’a déposé aucun dossier de demande de financement de nouvelles caméras de surveillance. Pourtant, tous les professionnels le disent : la vidéoprotection fait clairement reculer la délinquance.

La réunion sur la vidéoprotection (28 juillet)▶ La réunion sur la vidéoprotection (28 juillet)

Hommage à Philippe CHAULET. Fondateur des cafés CHAULET, ancien maire de Bouillante, ancien député et ancien conseiller général. Il a marqué la vie publique et économique de notre territoire.

Vu dans la presse

Guadeloupe la 1ère — Chlordécone : la responsabilité de l’État et l’indemnisation des victimes débattues à l’Assemblée nationale → lire

Karibinfo, 11 juillet — Olivier SERVA a rencontré la ministre de la Mer → lire

Cap-Infos, 6 août — Une filière pêche « à bout de souffle » → lire

RCI Guadeloupe, 10 juin — Les marins-pêcheurs guadeloupéens au bord du naufrage → lire

LePIGETV, 3 juillet — Entretien sur le Congrès des élus consacré à l’eau → voir


Olivier SERVA
Député de la 1ère circonscription de Guadeloupe · Porte-parole du groupe LIOT
Conseiller municipal des Abymes · Conseiller communautaire de Cap Excellence

Permanence : Eko Zabym, derrière la boulangerie, rue Abare Providence, 97139 Les Abymes · 05 90 97 15 08
olivier.serva@assemblee-nationale.fr